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samedi 3 mars 2018

L'aventure d'une autoconstruction basse consommation : sixième partie

Ca y est! Le gros oeuvre est terminé, il faut donc s'attaquer à l'intérieur. De nouveaux corps de métier se font attendre. Il va falloir se renseigner, se faire conseiller, apprendre sur le tas! 
Tout d'abord, préparation du futur plafond (poutres de soutien) où il faut prévoir le passage des câbles électriques.


Puis, il faut mettre en place les rails qui vont permettre la pose des placo-plâtres. Il faut les ajuster, les aligner correctement.
Les rails sont fixés sur des pattes de fixation (fixées elles-mêmes sur les madriers).
Nous avons fait le choix d'un plafond bas pour une meilleure isolation intérieure et un volume moins important à chauffer. (Entre la dalle finie et le plafond : 2,20m).
Le choix de l'isolant n'est pas facile : beaucoup de choix, chacun prêche pour son produit, montre ses bénéfices au niveau écologique. Le souci, on ne voit que rarement les vrais points négatifs et surtout, pour certains produits, peu de recul.
Alors là, c'est comme tout : il faut questionner, non ceux qui les vendent, mais ceux qui les posent ou les utilisent. Et là, vous vous apercevez que soit, le traitement pollue encore plus que le bénéfice qui en ressort, soit, ça ne pollue pas mais au niveau isolation dans le temps, c'est bof, etc...
Nous sommes donc revenu à la laine de roche (qui finalement était un bon compromis pour nous en tous les cas).
Ici donc deux épaisseurs de laine de roche de 20 cm chacune = 40 cm d'isolation (ne pas oublier de travailler avec des masques et de percer le papier de la deuxième couche pour que ça respire)

Et puis on met du plancher en haut pour pouvoir stocker aussitôt le trop plein...(rrrrrrrrrrr!ça commence déjà!)


On n'oublie pas de fabriquer des jambes de force pour consolider les traverses (pour répartir le poids au mieux).

Prochaine étape : pose de placo et dalle intérieure (avec passage de la plomberie!)

A bientôt.

L'aventure d'une autoconstruction basse consommation : cinquième partie

La toiture est vraissemblablement ce qui nous a relancé dans les travaux : moins compliqué que ça n'y paraît et surtout du point de vue moral, ça booste!
En effet, au niveau visuel, une fois la toiture terminée, le bâtiment prend une toute autre allure et paraît fini (Après cette étape, le gros oeuvre n'est alors plus d'actualité et les finitions deviennent la partie la plus longue et la plus démoralisante : on a l'impression que plus rien n'avance.).

C'est la question qui revient le plus souvent : "Vous avez tout fait, mais pas la toiture quand même!". Aux yeux des gens (et de nous avant 'y avoir été confronté) cette partie paraît compliquée. Sans doute est-ce dû au fait qu'il faille travailler en hauteur.

Les grosses poutres (pannes) installées, il faut mettre en place les chevrons tous les 40 cm sur lesquels viennent se clouer les liteaux.










On réalise un tracé sur les chevrons qui vont permettre de placer les liteaux.
Ce tracé diffère selon la taille de vos adoises. Il consiste à tracer au cordex une première ligne horizontale en haut des chevrons et à reporter au compas, un écart lié à la taille des ardoises et au chevauchement souhaité sur tous les chevrons. (demandez à quelqu'un du métier de vous calculer cela car c'est assez technique et difficile pour moi de vous l'expliquer).

Attention tout de même : il faut toujours que vos pieds (et votre corps) répartissent leur poids en s'appuyant les chevrons car les liteaux sont fragiles et on aurait vite fait de passer au travers...

Ensuite vient la pose de la gouttière et des ardoises (simple une fois commencée mais très technique au démarrage.).






Et pour ne pas à avoir à monter et à descendre pour aller chercher les ardoises, pour l'autre côté du toit, un voisin nous avait montré une technique sympa (et nous les avait même installées en tas).




Puis, il faut installer les tuiles faîtières et tadam...



Voilà, le gros oeuvre est officiellement terminé et maintenant il faut se tourner vers ce qui donnera vie au bâtiment mais qui se voit le moins...

SUITE AU PROCHAINE EPISODE!

L'aventure d'une autoconstruction basse consommation : quatrième partie

Une des difficultés auquelles nous avons été confrontés dans l'autoconstruction après le côté physique que demandent les efforts au quotidien a été de maîtriser tous les corps de métier et donc de trouver des informations fiables. Bien sûr, il y a internet mais, il y a toujours un mais, sur internet. Il faut trier les informations : entre ceux qui disent qu'ils ont mené le projet de A à Z et qui, finalement, lorsque l'on demande des informations, il s'avère que ces personnes n'ont finalement fait qu'une partie des travaux. Et puis, il y a des sites qui sont si peu pédagogues que parfois, on en sait encore moins après lecture des explications qu'avant d'avoir fait la recherche.
Heureusement, nous avons la chance d'avoir des voisins en or : toujours à donner des conseils sans en avoir l'air, à nous dire que sur certains chantiers ils ont vu telles ou telles astuces, etc...

Donc, aujourd'hui, voici la pose des pignons.

La première étape est celle de la pose des flèches qui permet de fixer la pente des toits : dans notre cas deux flèches ont été suffisantes (un par pignon) car le bâtiment est collé à un autre bâtiment déjà existant.
Pour réaliser une flèche, on se sert de tasseau muni d'une pointe. On place le tasseau au milieu du futur pignon à la hauteur souhaitée. La pente du toit est donnée par une corde (ou ficelle) que l'on fixe au clou du chevron et que l'on tend de part et d'autre du mur de l'habitation. Il ne reste qu'à monter en briques les pignons et à découper les briques avec la scie alligator, en suivant la corde.





Ensuite, pour mettre les pannes, il reste à creer des encoches dans les briques (et des trous dans la maison existante) et le tour est joué!










PROCHAINE ETAPE : LA TOITURE!

L'aventure d'une autoconstruction basse consommation : troisième partie

A l'heure où je vous écris, nous sommes installés agréablement dans notre nouvelle extension (depuis fin juin pour la chambre et fin août pour le reste, fin totale des travaux). Depuis quelques jours nous payons nos efforts concentrés en peu de temps car nous voulions finir rapidement : Aï crépitant pour mon mari, muscles froissés, épaule, bras bloqués et sciatique lombalgique pour moi. Ah, c'est dur de vieillir...
En attendant, en regardant les photos pour faire l'article, je vois le travail abbatu et me dis que ça vallait le coup! C'est déjà ça.

Donc, voici l'heure de la pose du premier rang : c'est l'opération la plus délicate car toute la qualité du bâtiment va reposer sur la première rangée.
Il ne faut pas hésiter à prendre son tempsà prendre du temps même si on a l'impression de ne pas avancer sur ce premier rang. D'autant plus que les rangs suivants se montent avec une telle rapidité que vous ne resterez pas sur cette image de lenteur bien longtemps.

Mon mari avait demandé à mon frère de lui fabriquer un petit outil précieux pour monter donc, ce premier rang. Deux T de 20 par 40 cm et 3 trous où l'on insère des tiges sur lesquels on peut jouer sur l'horizontalité du mur dans les 2 sens.



Donc tout d'abord, il faut chercer le point le plus haut de la dalle (c'est de là que commencera la pose : il y aura un minimum de 1,5 cm de multibât + sable + eau sous la 1ère brique ).
Tracer une ligne de la profondeur de la brique au cordex, sur la dalle (20 cm pour nous). puis, mouiller le ciment à l'aide d'un vaporisateur, d'une éponge ou de votre main (en y jetant des poignées d'eau) puis mettre un mélange poudreux chaux+ciment (multibât sans eau). Ca va permettre ensuite à votre multibât + sable + eau de coller parfaitement à la dalle.

Le réglage de l'horizontalité du 1er rang se fait avec la règle, le niveau et les 2 outils en T.( cf photo)

Ca y est, vous pouvez poser vos premières briques! Nous les avons posées 3 ou 4 mètres par 3 ou 4 mètres car il faisait très chaud. Il faut penser dans ces cas-là à ré-humecter le multibât.



 



A chaque brique, il faut s'assurer que ce soit à niveau (niveau + cordeau)

Puis, à la fin du premier rang, il faut également réhumecter, s'il fait chaud, à l'aide d'un pinceau, les briques pour mettre de la colle joint mince. Encore mieux quand on a de la main-d'oeuvre...








Il faut aussi penser à croiser les briques au niveau des angles pour que le mur tienne!

Ensuite, il faut couler le chaîneau et les poteaux pour fabriquer l'ossature du bâtiment. 

Et, tadam... 6 jours plus tard : 



Prochaine étape : les pignons.

L'aventure d'une autoconstruction basse consommation : deuxième partie

L'ancien garage détruit, il faut donc maintenant se lancer dans la construction. Le gros oeuvre va débuter et avec lui des journées arrassantes, longues et physiquement (voire nerveusement) difficiles vont commencer.

Tout d'abord, il faut définir précisément les mesures des futures pièces pour déterminer exactement l'emplacement du futur bâtiment et le matérialiser à l'aide de cordeaux.

Une fois les avoir mis en place (parfaitement à angle droit), il faut décaisser le terrain, c'est à dire enlever la terre où va se couler la dalle. On a donc décaissé sur l'ensemble du terrain à construire 20 à 25 cm de terre et fait des fouilles sur au moins 40 cm tout autour.

Les fouilles sont le décaissement où reposeront ensuite les murs porteurs. Ici, on en a tout autour et aussi au milieu car sur le bâtiment est grand et sur le terrain, il y aura 2 pièces principales :1. la chambre + salle de bain 2. l'atelier.

Il faut ensuite aller chercher à la carrière (ici à moins de 3 Km Dieu merci!) des gros graviers (gros comme la moitié d'un poing) avec une remorque de tracteur ou faire des aller-retour avec une remorque de voiture (sans trop charger pour ne pas casser les suspensions).


Il faut prévoir de mettre 15 cm de graviers partout sauf dans les fouilles. On laisse en terre les fouilles. On y mettra (dans les fouilles) une armature, un treilli (en triangle) conçu pour les fouilles et du béton pur.
Il faut ensuite bien tasser les gravats et mettre à niveau.

Ensuite, il faut, un peu partout mettre des piquets qui détermineront la dalle finie. Ces piquets doivent être mis à niveau et à hauteur de dalle finie. Les graviers ne doivent en aucun cas dépasser les piquets de niveau.
Puis, on y place une bâche anti-remontée d'humidité et ensuite, un treillis.

Si la dalle dépasse le niveau du sol (terrain existant autour, pelouse, etc...), il faut penser à coffrer avec des planches de bois pour que, lorsque l'on coule la dalle, lé béton ne s'échappe pas.


Ensuite, faire venir la toupie (n'hésitez pas à faire différents devis car les prix varient beaucoup) et trouver de la main d'oeuvre pour le jour J.

"Il n'y a plus qu'à" couler et tirer à la règle.








Une fois la dalle coulée mais pas encore sèche, insérer des tiges de fer à l'emplacement des futurs poteaux de briques (aux angles : ici 4 angles + 2 pour la séparation des deux bâtiments)
Prévoir deux tiges d'acier par poteau.



Attendre que la dalle sèche et se reposer "à fond" avant la prochaine étape!


Petits conseils :  

- Garder un peu de terre (un godet) pour rajouter dans les sillons faits par les camions, tracteurs et autres engins lourds pour que la pelouse reprenne facilement.

- Une fois la dalle sèche, vous pouvez faire déposer les matériaux sur la dalle pour ne pas endommager votre terrain si vous n'avez pas prévu de le refaire : veillez alors à faire mettre les bons matériaux aux bons endroits tout en laissant de la place tout autour pour circuler et faire la pause du bâtiment sans gêne.

- Pour ceux qui ont des enfants (surtout petits) comme chez nous, il faut s'organiser à l'avance car ceux qui coulent la dalle auront besoin de vous pour des détails ( passer les outils, chercher une chose ou une autre, nettoyer ceci ou cela, taper au marteau sur les planches de coffrage pour que le béton s'écoule uniformément partout, etc...). Il faut penser que ceux qui vous aident resteront manger le midi ou le soir (ou es deux) et feront une pause café parfois. Donc, il faut prévoir des jeux où les enfants seront autonomes, où ils n'auront pas besoin de vous, où vous les aurez à l'oeil car tout chantier est dangereux. Il faut aussi penser aux repas et aux encas.
Rien ne doit déraper...

Suite au prochaine épisode!

L'aventure d'une autoconstruction basse consommation : première partie

NOUS DETRUISONS :


En avril 2011, nous avons donc décidé de construire un bâtiment basse consommation.
Une fois les plans faits, les papiers administratifs expédiés et le permis de construire reçu, nous avons dû vider notre ancien "atelier".
Pfffffffff! Qu'est-ce que nous pouvons entasser!!!! (surtout moi). Si on avait écouté mon mari, tout serait parti à la poubelle! Bon, on a trouvé un compromis : il jetait quand je ne regardais pas et je récupérais quand ilavait ledos tourné...
On a donc, au bout de plusieurs jours, réussi à vider ce satané bâtiment et à stocker ce qui craignait la pluie dans notre garage. Tout le reste? Bâché tout autour du garage et de la maison.


Voici le bâtiment que nous avons détruit pour créer l'extension...
 


Tadam!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

On démonte le toit


Puis, le bâtiment





La suite au prochain numéro...

L'aventure d'une autoconstruction basse consommation : introduction

Il y a un an, mon mari et moi nous sommes lancés dans la folle aventure d'une autoconstruction de l'extension de notre longère.
Nous avons donc décider de détruire notre ancien atelier-fourre-tout pour nous faire une chambre et une salle de bain ainsi qu'un atelier qui ressemblerait véritablement à un atelier.

Nous aurons ainsi une maison plain-pied pour nos vieux jours (hihihi) et chacun de nos enfants ( 4 quand même) aura sa propre chambre et pourra avoir ainsi son propre espace.

Nous avons découvert au fur et à mesure tous les corps de métier : maçon, électricien, plombier, plaquiste, peintre etc...

Nous ne nous sommes pas mis la pression quant à une date de finition mais nous nous étions dit que deux ans serait raisonnable. Cela permettait d'avoir des buts définis planifiés pour ne pas s'essouffler et pour continuer à avoir de l'allant pour mener à bien le projet.
Mais surtout, deux années, cela permet d'étaler les achats et de renflouer au fur et à mesure le porte-monnaie.


Avant de vous raconter comment nous avons mené à bien cette expérience qui devrait se terminer fin fuillet, j'aimerais préciser, à tous ceux qui veulent se lancer dans une telle aventure que le plus important, est de se préserver.

Se préserver soi-même car c'est physiquement c'est très épuisant, mais aussi préserver son couple et sa famille car si nous, nous nous en sortant complètement indemne et peut-être encore plus fort au niveau de notre couple,nous avons rencontré beaucoup de gens qui à la fin de leur projet ou même au milieu de l'aventure, se sont retrouver seuls, dans un projet non fini (ou fini) qu'ils ont dû revendre.

Accordez-vous des moments, faites des poses, préservez-vous.